Observé pour la dernière fois il y a plus d’un siècle, le goura de Choiseul (Microgoura meeki) vivait sur l’île de Choiseul, dans le sud-ouest de l’océan Pacifique.
À ce jour, aucun autre habitat n’a été documenté depuis l’extinction du goura de Choiseul.

Le goura de Choiseul a disparu avant que les chercheurs aient pu suffisamment observer et documenter ses caractéristiques. La plupart des données dont nous disposons proviennent donc de l’expédition d’Albert Stewart Meek en 1904.
Le goura de Choiseul est aussi connu sous les noms de kuvojo, pigeon huppé des Salomon et pigeon couronné des îles Salomon.
Origines du goura de Choiseul
Le goura de Choiseul était monotypique : c’était la seule espèce du genre Microgoura.
Aucune sous-espèce n’a été identifiée depuis sa découverte.
Après l’expédition d’Albert Stewart Meek en 1904, Walter Rothschild a décrit le goura de Choiseul à partir des spécimens rapportés par Meek.
Le nom Microgoura vient du grec ancien mikros, « petit ». L’autre partie du nom, « goura », est un terme indigène de Nouvelle-Guinée.
Le genre Goura regroupe les gouras ou pigeons couronnés, dont la huppe rappelle celle du goura de Choiseul.
Rothschild a nommé l’espèce meeki en l’honneur d’Albert Stewart Meek.
Répartition et habitat du goura de Choiseul
Albert Stewart Meek (opens in new tab) a collecté les derniers spécimens du goura de Choiseul près de la baie de Choiseul, dans le nord de l’île.
Entourée des autres îles Salomon, l’île de Choiseul se trouve dans le sud-ouest de l’océan Pacifique.

À ce jour, l’île de Choiseul est le seul habitat documenté du goura de Choiseul.
Certains chercheurs ont suggéré, sans preuve solide, qu’il aurait aussi pu vivre sur des îles voisines.
Des habitants ont dit aux chercheurs (opens in new tab) que le goura de Choiseul vivait à Malaita et à Santa Isabel, deux îles voisines.
Aucun de ces témoignages n’a toutefois été confirmé.
Contrairement à de nombreuses espèces d’oiseaux, le goura de Choiseul ne migrait pas au fil des saisons.
Contrairement à beaucoup de pigeons, on pense qu’il vivait surtout au sol, dans les forêts marécageuses de plaine près de la côte.
Les plus proches parents du goura de Choiseul
On pense que son plus proche parent vivant est le trugon terrestre (opens in new tab) (Trugon terrestris).
Le trugon terrestre vit en Indonésie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Certains chercheurs ont suggéré que le goura de Choiseul pourrait faire le lien entre le trugon terrestre et les gouras.
Le goura de Choiseul était pourtant très différent des gouras.
Apparence du goura de Choiseul
| Envergure | Longueur | Poids | Coloration | |
|---|---|---|---|---|
| Goura de Choiseul | Inconnue | Environ 31 cm | Inconnu | Gris bleuté avec un peu de noir et le ventre orangé |
| Pigeon biset moyen | 64 – 72 cm | 29 – 37 cm | 240 – 380 g | Gris bleuté avec un peu de noir |
Le goura de Choiseul était un grand oiseau terrestre. D’après les illustrations des anciens chercheurs, l’adulte était surtout gris bleuté, comme beaucoup de pigeons.
La face et le front étaient noirs.

Dans l’ensemble, le dos était lavé de gris, mais sa partie inférieure avait une teinte brunâtre semblable à celle de la queue et des ailes. Les pattes étaient rouge pourpré.
Ce qui distinguait le goura de Choiseul, c’était son ventre orange brunâtre et sa huppe unique. La huppe et le dessus de la tête avaient la même couleur gris bleuté.
Les chercheurs pensent cependant que les huppes des spécimens du musée ont été aplaties lors de la préparation.
On ne sait donc pas exactement comment cette huppe bleue se tenait sur la tête de l’oiseau. Selon les illustrateurs, elle est représentée dans différentes positions.
Par exemple, John Gerrard Keulemans l’a dessinée à plat, comme sur les spécimens de Meek. D’autres illustrateurs l’ont représentée en éventail ébouriffé, comme celle des gouras.

Autre particularité intéressante : un bouclier bleu au-dessus du bec. Les plumes noires qui l’entouraient encadraient et mettaient en valeur le bouclier et le bec.
Ses ailes étaient brunâtres.
Quant à la queue, elle était pourpre foncé, en accord avec les plumes noires de la tête et du corps.
Faits sur le goura de Choiseul
- Hamlin a rapporté que les villageois de l’île de Choiseul appelaient ce pigeon « kukuru-ni-lova », ce qui se traduit par « pigeon-qui-appartient-au-sol ». Ce nom décrit bien son comportement de poule.
- C’était un pigeon assez grand qui vivait au sol des forêts de plaine.
- Les villageois se souvenaient aussi de ses pierres de gésier, qu’ils décrivaient comme de « l’or ». Ces pierres avaient peut-être une certaine valeur locale, ce qui a pu accroître la pression de chasse.
- La province de Choiseul fait figurer le goura de Choiseul sur son drapeau.
- Certains ornithologues ont suggéré que le goura de Choiseul était un parent plus petit des gouras, comme le goura de Victoria (Goura victoria).
Conservation du goura de Choiseul
En 1904, Albert Stewart Meek a collecté plusieurs spécimens, dont six peaux et un œuf unique.
Les peaux sont aujourd’hui conservées à l’American Museum of Natural History de New York, et l’œuf au Natural History Museum de Tring.
Depuis la visite de Meek en 1904, plusieurs expéditions sont retournées sur l’île de Choiseul à la recherche du goura, sans succès.
En 1968, Parker est retourné sur l’île de Choiseul et a interrogé les villageois âgés de la côte sud. Ceux qui se souvenaient du goura de Choiseul disaient l’avoir vu il y a longtemps.
Selon les villageois, une mission venue de l’extérieur avait introduit des chats sur l’île pour lutter contre les rats. De plus, des chiens étaient dressés pour la chasse au cochon.
L’île de Choiseul n’avait pas de mammifères prédateurs indigènes comme les chats ou les chiens : le goura de Choiseul n’avait donc aucune défense contre eux.
Chats et chiens ont chassé le goura de Choiseul et fortement réduit ses effectifs.
Le témoignage le plus récent recueilli par Parker venait d’habitants ayant vu un petit dortoir pendant la Seconde Guerre mondiale, au début des années 1940.

Auparavant, en 1927-1929, Beck et Hamlin, de la Whitney South Sea Expedition, n’avaient pas trouvé le goura de Choiseul malgré l’aide des habitants.
Parker pensait que la perte d’habitat avait aussi joué un rôle.
Selon lui, le pigeon avait disparu de la région de la baie de Choiseul à la fin des années 1920, après le défrichement de la végétation d’origine pour des cocoteraies.
Caractère du goura de Choiseul
Les témoignages de villageois recueillis par Hamlin en 1929 décrivaient à quel point le goura de Choiseul était peu farouche.
Ce comportement pourrait expliquer son extinction, car les garçons du village l’attrapaient facilement à la main.
De plus, le goura de Choiseul ne cherchait guère à cacher ses dortoirs. Les garçons repéraient les dortoirs dans les arbres à branches basses grâce aux fientes au sol.
Ils attendaient que les pigeons s’endorment pour les saisir sans effort.
Par ailleurs, le goura de Choiseul avait un cri caractéristique, que certains habitants ont imité quand on leur a montré des illustrations de l’oiseau.
Un chef de village a raconté que son cri ressemblait à un sifflement montant et descendant.
Il l’entendait généralement appeler depuis son dortoir le soir.
Accouplement et reproduction
Aucun des chercheurs venus sur l’île de Choiseul n’a rapporté que les habitants élevaient des gouras de Choiseul.
On repérait plutôt leurs dortoirs dans les forêts de plaine, et on les chassait comme oiseaux sauvages pour se nourrir.
Selon les habitants, les gouras de Choiseul dormaient par groupes de deux, trois ou quatre.
Le goura de Choiseul ne construisait pas de nid pour pondre. Il pondait un seul petit œuf crème dans un creux du sol non garni.
Dernière mise à jour : 24 October 2026 · Types de pigeons
