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Types de pigeons · Lecture : 9 min

Pigeon, colombe ou tourterelle : quelle différence ?

Par Cristina Vulpe · Publié le · Mis à jour le
Cristina Vulpe, vétérinaire

Rédigé à l’origine par notre vétérinaire Cristina Vulpe, DVM, PhD. Mis à jour en octobre 2026.

Cristina relit les articles santé de Pigeonpedia pour que les conseils vétérinaires soient fiables.

C’est l’une des questions les plus fréquentes sur les oiseaux : pigeon, colombe et tourterelle, est-ce la même chose ? Pour les scientifiques, il n’y a pas de doute : ce sont tous des oiseaux de la même famille. C’est la langue qui a créé des noms différents.

Pigeons, colombes et tourterelles appartiennent à la même famille et se reconnaissent à leur corps trapu, leur petite tête ronde, leurs ailes effilées, leurs pattes courtes et leur roucoulement. Les espèces appelées colombes ou tourterelles sont en général plus petites.

Aucun caractère scientifique ne sépare les « colombes » ou les « tourterelles » des « pigeons » : la différence tient surtout au nom.

Pigeons et colombes ne forment pas deux groupes scientifiques distincts : certaines espèces appelées colombes sont plus proches de certains pigeons que d’autres colombes.

pigeon ou colombe

Dans l’imaginaire, la colombe est un oiseau beau et doux, symbole d’amour et de paix, tandis que le pigeon est plutôt mal aimé : un oiseau des villes souvent vu comme nuisible, aux couleurs surtout grises, brunes et bleues.

Pigeons, colombes et tourterelles font partie de la même famille taxonomique. On en connaît 344 espèces, dont 13 sont aujourd’hui éteintes.

Avant de répondre à la question, voyons d’abord le vocabulaire.

En anglais, le mot « dove » désignait à l’origine tous les pigeons, et il sert aujourd’hui surtout pour les petites espèces. En français, les trois mots ont chacun leur histoire, que l’étymologie (opens in new tab) (l’étude de l’origine des mots) permet de retracer.

colombe en vol

La frontière reste floue, car les usages ne sont pas constants et les mots s’emploient souvent l’un pour l’autre.

« Pigeon » vient du latin « pipio », le petit qui piaule ; « colombe » vient du latin « columba », qui a donné aussi le nom savant de la famille (Columbidés) ; « tourterelle » vient du latin « turtur », sans doute imité du roucoulement. Dans les noms français d’espèces, « tourterelle » désigne surtout de espèces assez petites et élancées, à longue queue, comme la tourterelle turque ou la tourterelle des bois, et « colombe » de nombreuses petites espèces souvent tropicales, mais ces noms ne suivent pas la classification. Dans la langue courante, on parle de colombe pour l’oiseau blanc symbolique, souvent un pigeon domestique blanc. Le mot anglais « dove », lui, vient d’un ancien mot germanique qui ferait peut-être référence au vol plongeant de l’oiseau.

Partout dans le monde, chacun a aussi ses habitudes de langage sans connaissance scientifique : ce que l’un appelle colombe, l’autre l’appellera pigeon.


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Les caractéristiques de la famille des Columbidés

L’ordre auquel appartiennent pigeons et colombes s’appelle les Columbiformes.

Cet ordre ne compte qu’une seule famille, les Columbidés, qui regroupe toutes les espèces connues de pigeons, de colombes et de tourterelles.

Pigeons et colombes ont plusieurs traits en commun : 

  • un corps court, trapu et arrondi ;
  • des pattes courtes et écailleuses ;
  • une petite tête ronde ;
  • un bec petit et fin, avec une petite zone charnue à la base ;
  • des ailes effilées ;
  • un plumage doux et dense ;
  • un chant roucoulé.

Il y a bien sûr des exceptions, vu le grand nombre d’espèces et de races dans la famille des Columbidés.

Certains ont développé des chants différents, d’autres des plumes spectaculaires à certains endroits, comme les pigeons Frisés (frillbacks) et les pigeons Paons (fantails).

Mais pour l’essentiel, tous présentent ces caractéristiques de base.

Ils se ressemblent aussi par certains comportements : 

Côté alimentation, on distingue tout de même les espèces granivores et les espèces frugivores.

Pigeons et colombes, est-ce la même chose ?

La question est légitime, vu tout ce qu’ils ont en commun.

En bref : oui. Que deux oiseaux puissent se reproduire dépend de la proximité de leurs espèces, et non du fait qu’on les appelle colombes ou pigeons. Cela répond aussi à la question « les colombes et les pigeons peuvent-ils s’accoupler ? »

La plupart des espèces de pigeons et de colombes ont un nombre de chromosomes assez proche, souvent autour de 76 à 80 : le nombre de chromosomes ne les sépare donc pas en deux groupes.

Des espèces proches peuvent parfois donner des hybrides, mais les croisements entre espèces éloignées réussissent rarement.

Par exemple, un pigeon domestique et une tourterelle rieuse peuvent s’accoupler en captivité, mais les hybrides sont rares et en général stériles : il est donc très peu probable d’en tirer une lignée.

Dans la nature, pigeons et colombes n’ont aucune raison de s’accoupler entre eux : ils ont assez de partenaires dans leur propre espèce.

Les colombes sont-elles des pigeons ?

Du point de vue zoologique, les colombes sont des pigeons. La science les classe toutes parmi les Columbidés, seule famille de l’ordre des Columbiformes, qui compte environ 350 espèces.

Sur le plan génétique, chaque espèce diffère des autres, comme dans toute autre famille d’oiseaux.

Les pigeons sont-ils des colombes ?

Comme on l’a vu, pigeons et colombes appartiennent tous à la même famille.

Les colombes sont-elles des pigeons blancs ?

D’après ce qui précède, on peut dire que beaucoup de « colombes » blanches sont en réalité des pigeons blancs.

Mais toutes les colombes ne sont pas blanches : le blanc n’est qu’une variante de couleur parmi d’autres.

La tourterelle triste, de nombreuses colombes frugivores (ptilopes) ou la tourterelle turque ont d’autres couleurs. Et en général, les « colombes » lâchées lors des mariages sont des races de pigeons blancs plutôt que de vraies colombes blanches.

Les « différences » que l’on prête aux pigeons et aux colombes

Beaucoup de gens les croient différents pour diverses raisons. Toutes ne sont que des différences d’apparence entre espèces de Columbidés.

Ces différences supposées entrent dans quatre grandes catégories, dont certaines ont été évoquées plus haut :

  • la taille et l’aspect ;
  • l’alimentation et les prédateurs ;
  • l’habitat ;
  • le chant.

1. Taille et aspect

On pense en général que l’essentiel de la diversité entre colombes et pigeons tient à la taille et à la queue.

La taille varie beaucoup d’une espèce à l’autre, de 15 à 75 centimètres de long environ (6 à 30 pouces).

Parmi les plus petites espèces figurent les colombes terrestres d’Amérique (genre Columbina), qui ne mesurent parfois que 13 à 15 cm (5 à 6 pouces) pour quelques dizaines de grammes. La plus grande espèce est le goura (pigeon couronné) de Nouvelle-Guinée, de la taille d’une grosse poule : il pèse de 2 à 4 kg (4 à 9 livres).

La plupart des espèces ont 10 ou 11 rémiges primaires, et des ailes grandes par rapport à leur taille.

Leur faible charge alaire en fait d’excellents voiliers, et même des acrobates chez certaines espèces. Pour la queue, en revanche, ce sont plutôt les colombes qui l’emportent.

Il existe bien des races de pigeons de fantaisie comme le pigeon Paon américain ou le pigeon Paon indien, mais les colombes ont souvent une queue plus longue et plus expressive.

Côté plumage, on voit aussi des différences nettes entre espèces granivores et frugivores.

Les granivores ont souvent un plumage plus terne, les frugivores des couleurs plus vives. Plusieurs ptilopes des Fidji et de l’océan Indien comptent parmi les espèces les plus colorées.

2. Alimentation et prédateurs

Comme on l’a vu, l’alimentation permet de classer les espèces en granivores et frugivores.

Ces régimes entraînent quelques différences anatomiques.

Chez les granivores, le gésier a des parois plus épaisses.

Leur intestin est aussi plus long que celui des frugivores.

Autre adaptation : les frugivores peuvent s’agripper aux branches et se suspendre la tête en bas pour atteindre les fruits.

Bien moins nombreuses, certaines espèces mangent d’autres aliments que des graines et des fruits. Les colombes-perdrix (quail doves) et les colombes terrestres, par exemple, mangent des vers et des insectes.

L’Atoll Fruit Dove (Ptilinopus coralensis) mange de petits reptiles et des insectes.

D’autres espèces mangent des insectes, des papillons de nuit, des limaces et des escargots, comme la Ruddy Ground Dove, le pigeon à couronne blanche et l’Orange Fruit Dove.

Côté prédateurs, les pigeons sont à la merci des grands rapaces plus rapides en piqué, surtout le faucon pèlerin et d’autres rapaces.

C’est vrai aussi pour les colombes, mais les espèces terrestres risquent en plus de voir leurs œufs mangés par des rats et des serpents.

L’être humain compte aussi parmi leurs prédateurs, surtout pour les pigeons les plus communs.

3. Habitat

Les Columbidés se sont adaptés à presque tous les milieux, ce qui explique qu’on en trouve dans le monde entier, jusque dans les endroits les plus isolés de Polynésie orientale, à La Réunion dans l’océan Indien et aux Açores.

Ils n’ont pas pu s’installer dans le Haut-Arctique, dans l’intérieur le plus aride du Sahara ni en Antarctique.

L’habitat ne fait pas la différence : chez les Columbidés, il y a des espèces terrestres, semi-terrestres et arboricoles.

Ils vivent dans les forêts tempérées, les forêts tropicales, sur des atolls de sable et des montagnes rocheuses, dans les prairies, la savane et les déserts, et bien sûr dans les villes.

Même s’ils sont présents dans tous les milieux, l’aire de répartition varie selon l’espèce. Certaines sont très étendues.

Par exemple, on trouve la tourterelle turque de la Chine à l’Inde et au Moyen-Orient, jusqu’en Europe et en Grande-Bretagne. La colombe oreillarde vit dans une grande partie de l’Amérique du Sud.

D’autres espèces ont une aire plus restreinte, parfois un seul endroit.

Par exemple, la Whistling Dove (Ptilinopus layardi) ne vit que sur Kadavu et quelques îles voisines aux Fidji, et la colombe de Grenade ne se trouve que dans le pays du même nom.

D’autres encore ont une aire minuscule. Le pigeon de Somalie ne vit que dans une petite zone du nord de la Somalie, la Black-Banded Fruit Dove uniquement en Terre d’Arnhem, en Australie, et la Moreno’s Ground Dove dans une petite zone de Bolivie et du nord-ouest de l’Argentine.

Le pigeon biset, ancêtre de tous les pigeons domestiques et des pigeons des villes, a la plus large répartition : de l’Irlande à la Chine.

4. Le chant 

On associe depuis longtemps la colombe à un roucoulement mélodieux, mais les « pigeons » roucoulent aussi (puisque ce sont les mêmes oiseaux !).

Le roucoulement varie selon la situation. Par exemple, il peut devenir une sorte de « oorh » quand l’oiseau est inquiet.

Certaines races ont développé des cris très différents du roucoulement.

Les pigeons Tambours (trumpeters) doivent leur nom à leur chant roulé, qui rappelle un tambour plutôt qu’un doux roucoulement.

Plusieurs races domestiques de pigeons de fantaisie portent ce nom de Tambour.

En résumé

Pigeons, colombes et tourterelles se ressemblent beaucoup et partagent la plupart de leurs caractéristiques.

Sur le plan biologique, ils appartiennent tous à une seule famille, et les mots « pigeon », « colombe » ou « tourterelle » ne marquent aucune frontière scientifique.


Sources (en anglais) :

Dernière mise à jour : 24 October 2026 · Types de pigeons